La base architecturale

Mon grand-père maternel était maçon mais il exerçait à Chartres loin de la Lorraine. J’ai tenté de l’imiter mais je n’ai réussi qu’a obtenir la réprobation d’architectes confirmés au vu des rénovations entreprises au début de mes travaux. Il n’aurait donc pas pu non plus adapter, à notre époque de loisirs, une maison traditionnelle de village lorrain comme celle-ci. Il faut lire pour mieux le comprendre « Reflet de la mémoire du monde rural » de Jean-Pierre Wieczorek

Cette maison c’est essentiellement un énorme parapluie dont le manche est appelé homme debout, beau chêne d’une dizaine de mètres de haut, ancré dans un sol stable. Il protégeait le foin et le grain conservés évidement au grenier. Les animaux étaient à l’abri en dessous dans l’écurie et les paysans dans les différentes pièces habitables. Les récoltes qui ne se gardent qu’au frais, comme certains tubercules ou le vin, étaient conservées plus bas dans la cave.

On a donc commencé, puisque c’était possible dans ce quartier, par creuser puis à construire d’abord la cave qui, par sa température régulière, a tempéré la partie habitable. Ses murs ont servi naturellement de fondations principales.

L’accès en sous-sol se faisait, par le "trappon" de cave habituel dans cette rue. Il a été reporté à l’intérieur et un escalier y mène maintenant sur son coté intérieur. On voit que le mur de référence, pour les aménagements intérieur, est bien celui qui sépare la chaufferie de la cuisine actuelle.

La cuisine d’origine était, comme l’a montré la place occupée par la cuisinière Maillard, dans la pièce où se trouve la cheminée. Il y avait là aussi une pierre à eau, pour laver les ustensiles de cuisine. Ses effluents se déversaient directement dans le caniveau. Cette simplicité masquait le défaut de la cheminée. En effet elle débouche sur le mauvais coté du toit et les vents dominants la rendent parfois presque inutilisable. C’est une des raisons qui a présidée au transfert de cette cuisine vers le jardin.

La porte d’entrée dans la maison, se situait, en façade, près de l’ancienne cuisine. Elle donnait sur la pièce commune, probablement à travers un "tambour" qui la protégeait des intempéries. Au fond de cette pièce trônait la grande cheminée lorraine. On voit très bien son emplacement dans la cave, là où la voûte est en pierre de taille. Cette cheminée, bien située par rapport au faîtage, chauffait aussi, par l’arrière, la chambre principale.

Cette porte, dangereuse pour les enfants, a été remplacée par une fenêtre et l’entrée a été reportée à l’emplacement de l’ancienne porte d’écurie. Toutefois elle est maintenant déportée vers l’intérieur par un large perron, ouvert aussi par sécurité sur le chemin du moulin.

L’ancienne grange, dont le niveau était difficilement accessible aux charriots et autres voitures, a été convertie en bureau. On parlerait aujourd’hui d’un espace de coworking.

Elle sert actuellement d’entrée, contrôlée et spacieuse, pour accéder à la pièce principale et à l’étage.

L’écurie, ou le cheval dételé du chariot trouvait immédiatement sa place, a été utilisée pour loger, l’atelier, la chaufferie et les escaliers. La traditionnelle chambre à four, qui prolongeait l’écurie a disparu au profit d’un appentis, ce qui donne plus d’espace aux terrasses installées en face, au niveau du séjour et de la cuisine.

Avant d’entreprendre les dernières modifications à l’étage un jeune ami architecte, Philippe Richard, de Bovée, village voisin, nous a proposé un plan de façade adapté à nos projets. Nous l’avons accepté et fait réaliser par des artisans locaux ce qui lui a donné son aspect actue