L’étage

Lorsque nous avons acheté cette maison, qui avait déjà été transformée en épicerie, le grenier était vide. Nous y avons installé un dortoir et trois chambres. Nos huit petits enfants se sont disputés, pendant assez longtemps, les places supérieures des lits à étage du dortoir puis, le temps passant, ils ont occupé les chambres de leurs parents et les deux cabinets de toilette attenants, avec WC et douches.

Les anciens ont préféré se replier dans les deux chambres du rez de chaussée, et se sont partagé son cabinet de toilette plus facilement accessible.

Pour nos petits voisins l’étage c’était, il y a peu, la caverne d’Ali Baba, avec ses caisses à jouets et ses bandes dessinées, abandonnés maintenant, dans le dortoir. Les adultes de passage ont, aujourd’hui, à leur disposition tous les livres, que nous nous proposons de relire. Ils sont encore disponibles dans les chambres et dans la bibliothèque qui sert également d’archives.

La lumière ne pénètre que difficilement dans la zone médiane des maisons lorraines, c’était là que l’on installait parfois les « chambres borgnes ».

Nous y avons mis la bibliothèque, ainsi que les escaliers d’accès à l’étage, éclairés par un vélux plus facile à poser qu’une ancienne flamande. Il n’est, toutefois, pas visible de la rue.

Il y a aussi, à coté de l’urinoir du dortoir, l’escalier qui mène aux sous-pentes. Elles forment notre grenier actuel. On peut s’y tenir, à beaucoup d’endroits, debout.

L’ ambiance n’y est que très peu climatisée et l’endroit est chichement éclairé par quelques tuiles de verre placés dans le versant du toit exposé au couchant. La toiture de ce coté a été refaite pour s’opposer à la pénétration de la neige poudreuse portée par les vents dominants.

L’isolation thermique n’est pas faite en sous-toiture. C’est le plancher qui s’en charge avec ses trente centimètres de laine de verre. Il participe, sur toute la surface habitable de l’étage, à la climatisation de la maison.

En demi saison, lorsque le chauffage central est arrêté, le confort de la maison est assuré par le poêle à bois du rez de chaussée et la cave, dont le sol en terre battue apporte, à la canicule, une bienfaisante fraîcheur.